Informagicien, crypto-enthousiaste, adorateur des internets 2.0, des chats et des logiciels libres

Retour sur mon séjour à Emmaüs Lescar-Pau

Publié le samedi 13 août 2016, par Djan

Mis à jour le samedi 13 août 2016

Mots clés : refléxion, écologie,

Pendant que c’est frais j’aimerais vous faire un retour sur mon séjour au village Emmaüs de Lescar. Je suis parti faire le « chantier solidaire » au village Emmaüs pour une semaine. Des volontaires (la moyenne d’age est de 30 ans) sont reçu toute l’année pour participer à la vie du village Emmaüs.

J’étais à peine arrivé que quelqu’un m’a dit en regardant mon tee-shirt : « Tu écoutes Serj Tankian, on va s’entendre ». Et j’ai su que j’étais au bon endroit. On discute, on rigole et on parle beaucoup en anglais. J’ai retrouvé une certaine ambiance des camps scout que j’ai fait dans mon adolescence et que j’apprécie. Sur place on dort dans un wagon aménagé, ou dans des petites maisonnettes construits par les compagnons. On mange tous ensemble et les différentes tâches sont repartis entre tous, un tableau est fait le soir pour leurs répartitions. Un compagnon veille à ce que ces tâches soit équitablement réparties. Cela inclus de l’étiquetage sur le point de vente, de l’enlèvement de marchandises chez les particuliers, du déchargement de camions, du dispatching d’objets, faire la cuisine, apporter les objets achetés par les clients à la caisse… Le travail ne manque pas et les journées sont bien remplies.

Le matin on déjeune chacun à son rythme mais généralement entre 7h et 7h45. À 8h il faut être à son « poste de travail ». À 9h45 on fait tous une pause avec café, thé et chocolat chaud. Volontaires et compagnons se retrouvent tous ensemble pour un moment convivial. Ensuite le travail reprend jusqu’à midi ou compagnons et volontaires mangent ensemble. À 13h45 on reprend le travail jusqu’à 15h45 où on fait la pause de l’après-midi. Puis on travaille jusqu’à 18 h excepté les personnes de la caisse qui terminent de servir les clients et de replacer les invendus. Le soir on se retrouve entre volontaires du camp jeune pour le tableau et le repas du soir.

Tout n’est pas parfait. Les journées de travail sont très (trop ?) rempli voir parfois exténuantes. Sans doute parce que je n’ai pas l’habitude de travailler à cette cadence. Les statuts des compagnons me parait encore flou et après quelques recherches semble aussi très flexible. Les compagnons ne sont pas salariés, ils n’ont pas de fiche de paie mais reçoivent un pécule (somme inconnue) de main à main toutes les semaines. Ce qui n’est pas sans rappeler le rêve du capitaliste que de disposer de la main d’œuvre sans devoir la payer et sans payer de cotisation. L’organisation semble être de manière pyramidale, avec un « directeur » au dessus, des compagnons expérimentés, puis les compagnons nouvellement arrivés. Je dis bien semble, car tout cela est du ressenti.

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance sur place. Sur le camp jeune on retrouve des personnes de toutes nationalités (slovaque, ukrainien, taïwanais, danois, français, britannique, allemand, espagnol...) et de toutes confession (athée, musulmans, catholiques, agnostiques...). Mais surtout des personnes qui pensent que quelque chose ne va pas dans ce monde et qui ne se reconnaissent plus dans le système neo-capitaliste actuel fondée sur la sur-production et la sur-consommation. J’ai profité de cette ambiance pour parler logiciels libres, vie privée et j’ai réussi à intéresser quelques personnes. (j’ai même procédé à une installation de GNU/Linux ce à quoi je ne m’attendais pas vraiment)

Certains point sont perfectibles comme des détails sur l’organisation et l’information sur place et les rappels des principes fondateurs d’Emmaüs ainsi que l’engagement de l’abbé Pierre. Certains événements advenus sur place ont aussi révélé une tolérance zéro face à la violence ainsi que des courants féministe au sein de la communauté.

Pour conclure je dirais que c’est une très bonne expérience. Sur place on peu voir les alternatives à nos mode de consommation traditionnels. Les personnes qui sont sur place accomplissent réellement quelque chose, et je me suis senti très utile en allant sur place et en participant à ce chantier solidaire. Si vous voulez voir à quoi cela ressemble le mieux est encore de vérifier sur place. Vous pouvez visiter le site de Emmaüs Lescar-Pau (attention trackers Google/Facebook/Twitter) pour cela.


Logo : site web Emmaüs Lescar-Pau

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